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lundi 16 septembre 2019

Retour de flammes


J'ai encore failli m'effondrer sous le fléau d'un monde fait de fourbes et d'infâmes
Affligeant, autant essayer de fumer un phénix avec un lance-flamme
J'ai soufflé sur les braises de la bêtises et attisé les rancœurs
On m'a collé une balle dans la tête, mais j'ai la cervelle à place du cœur
Mon crâne couve la place d'armes de la nouvelle Pandémonium
Si tu veux connaître mon état d'esprit va ouvrir le Necronomicon.
Si les épreuves apprennent à vivre, la souffrance est la meilleure des maîtresses
Je repars au front, une fleur du mal sur le canon de mon fusil détresse
Je ferais saigner personne sur cette terre mais j'écrirais toujours avec une rapière
D'une vérité tranchante, à la vue de mes pages les lâches ont été châtré des paupières
Je m'excuserais plus pour les tympans percés de ceux qui ne voulaient pas entendre
Comme Cassandre, je commence à comprendre qu'impuissant je les verrais partir en cendre.
Optimiste infatigable si j'ai touché le fond c'était pour prendre de l'élan
Je dors dans une forteresse de nuages loin du monde des bêlans
Sur cette terre où la loi nous condamnera pour avoir été solidaire
Je construis mes textes comme des phares pour les utopistes solitaires.

lundi 22 avril 2019

Lilith


Oh grande dame de chaire divine toi qui fus précurseur
Mère nourricière de rage qui arma la main de mes sœurs
Parfaite née égale du porteur de boyau phallique
Écrin de corps puissant du si précieux joyau saphique
Née sans laine, sans haine, emblème des sans-chaines
Née grande reine semant la graine des poings blèmes

Fille désavouée par un odieux père esclavagiste
Voix perçante assassinant son silence suprémaciste
Toi dont on a cousu les lèvres mais qu'on ne pu faire taire
Dont l'insolence cingla les sermons du faux père
Adam le pleutre quémanda une épouse douce et docile
Naquis Eve petit animal soumis indécis imbécile
Tu te fis peau de pierre mue par la muse justice
L'éternel soleil d'Eden connaîtra son solstice

Devenue vipère, tu sifflas Eve la bête arnachée
Sous l'arbre de la connaissance, vos regards se sont attachés
Ton iris réfléchit son regard creux de femme dévoyée
Tes écailles embrasèrent sa peau fade de femelle au foyer
Tu lui présentas la pomme, clef de son cadenas mental
Elle comprit que la liberté était un besoin vital
Elle caressa la peau de ton fruit défendu
Croqua la chaire et connu le plaisir des pendus

La chute d'Adam fut bien pleurée par ses fils
Mais combien se souvinrent de l'ampleur de ton supplice
L'indigne souverain brûla tes chaires les plus intimes
Pour avoir offert le savoir à une consœur victime
Sur terre le mâle gangrenait déjà l'humanité
Sous-terre tu te recousu une double intimité
Tu jaillis des enfers en flot de lave féconde
On ne peut tuer le premier pilier de l'équilibre du monde

Face aux humains assujettis par de mauvaises idoles
Tu devins démone première destructrice de symboles
Oh Lilith dont l'essence fut la sève de mes rêves
Donne-moi la force de matérialiser ton glaive


dimanche 24 mars 2019

La belle et la bête 2046

 
Perdus dans la foule
Paumés dans la rouille
Crawlant dans le fuel
Croulant sous la houille

La terre est ronde, donc saoûle
Les consciences se mettent en boule
Le climat devient maboul
Et toute l'humanité s'écoule

Circonscrit dans les circuits
Construit par des cons instruits
Puis conquis par des sirs cuistres
Qui concassèrent les altruistes

La sphère tourne en quicquonce
La surpopulation la ponce
C'est l'ère ou l'enfance s'enfonce
La semance avant le coup de semonce

Perdue dans la masse
Un perce-neige dépasse
La belle se cherche une place
Parmi les passants épars

Le globe est bleu, donc vert
Goutte de ciel dans l'univers
Vivier de faits divers et d'hiver
Vivant de fêtes, de verres et de vers

Perdu dans le nombre
Le démon cherche son ombre
La bête laisse son euphorie fondre
Parmi ces visages clairs mais sombres

Le monde est creux donc écrin
Gardien d'un joyaux d'airain
Rempart contre nos craintes
Grand tout perdu dans le grand rien

Perdus parmi les bipèdes en plastiques
La belle et la bête sont antithétiques
Dénués de sentiments synthétiques
Portant la sincérité en esthétique

Leurs mondes sont de glace et de flammes
Où s'enlace les lâmes
Où s'embrase les mânes
Où les larmes passent au brame

Dans la foule à lier
La belle et la bête sont reliés
Assurés de se trouver des alliés
Rassuré de pouvoir se dire singuliers

mercredi 6 mars 2019

Une fleur sous les griffes

Sur le chemin des braises apaisées
Le démon et la Perce-Neige se sont croisés

Elle avait la décence des nuages et la douceur des songes
Le démon comprit à cet instant que Perce-Neige était un ange

« J'ai noirci des pages de ma plume pour qu'elles s'envolent.
Pourquoi maintenant ma timidité me guillotine la parole ? »

Il invoqua sa muse qui ne lui rendit aucuns échos
Laissant le démon seul face à son cœur qui éclot

J'aurais voulu te déclarer ma flamme pour incendier ton hiver
J'aurais pu consumer mon âme pour te bâtir un trône de verre

Je t'aurais arrosé de larmes de joie en plein cœur du désert
J'aurais fait chanter les tornades pour que tu puisses goûter leurs airs

Mais comment pourrais-je être à la hauteur de celle qui surpasse les cieux
Je ne suis qu'une bête à cornes un ennemi des dieux

Toi qui as fait fêler les glaces en offrant ton profil éclatant
Là où l'onde noir ne m'a témoigné qu'un reflet menaçant »

Je n'ai rien d'humain, je suis qu'un monstre qui rime
Les démons ne doivent pas se mêler aux beautés divine

Le démon déploya ses ailes et plongea vers le ciel
Laissant couler sur terre ces dernières perles de sel

C'était un démon moins démoniaque que dément
Un cœur d'argent effrayé par ses propres sentiments

mercredi 13 février 2019

Métal hurlant


Perdu parmi des demis-humains déments et demis
Le démon nage dans la masse de désarçonneurs de demis

Mais que font ces fieffés félons ?
Foulant ces forts affables

Mais que fabriquent ces féconds ?
Enfilant les verres d'ambre instables

Ils sont noirs de tissu, blanc de mânes de crânes et de piques
Chantant chaleureusement des propos pas trop catholiques

Le démon s'interroge, pourquoi personne ne le dévisage ?
Il a les griffes en fourches et le plumage des oiseaux sauvages

Mais que sont ces déterrés sans brides ?
Des pas terre-à-terre trop tolérants ?

Mais que partagent ces apatrides ?
En exhumant ce chao exubérant ?

Sur scène des assassins instrumentistes se dessinent
Cordes claires voix rauques, c'est le silence que l'on décime

C'est l'envie qu'on illumine, c'est la vie qu'on réanime
Un tourbillon d'énergie qui ferait perdre le fil de la rime.

Ils ont les oreilles en charpie ou la cervelle écharpée ?
Pourquoi ces acharnées ne cherchent pas à s'échapper ?

Mais pourquoi ces cintrés scintillent de cent sourires cinglants ?
Mais par quelle sorcellerie transmettent-ils cette euphorie de l'instant ?

Tragiquement, logiquement, le démon abandonna ces questions
Il resta dans cet enfer qui fait relativiser la damnation

Il en ressorti cabossé, la tristesse endommagée
Conservant dans ces pattes une perle de braise à partager.

mercredi 6 février 2019

Le temple de la musique

Fuyant les fées d'hiver, Perce-Neige crut perdre la raison
Mais un édifice de lumière se fit phare à l'horizon
Une forteresse de fiers portant la clef de sol en blason
Dont l'imposante musique repoussait l'indécente saison.

Dans le hall du temple, les percussions la reçurent
Tonnant à peaux tendues un son sans tâche ni rature
En lunes pleines, cent cymbales scintillaient
Sublimant cette partition sourde qui s'élevait

Au premier, les cordes s'accordèrent pour l'accueillir
Déposant des notes florales qu'elle aurait voulu cueillir
Puis d'un mouvement violent les violonts redoublèrent de puissance
Transformant la source musicale en fontaine de Jouvence

Au second étage, Perce-neige rencontra les cuivres
Dont la douce mélodie pouvait envoûter les vouivres
Des lignes écarlate de croches aux crochets de soie
Qui brillaient tels des lucioles sur la toile sombre du soir

Arrivée au sommet, elle découvrit l'envoûtement des vents
Jamais le cœur et l'oreille ne s'étaient sentis si vivants
Elle fut traversée par le souffle de la belle traversière
Une flûte enchantée qui ferait déchanter la Reine Hiver.

Elle sortit du temple élevée, le désespoir endommagé
Conservant dans ses pétales une perle de braise à partager.

mercredi 30 janvier 2019

Mémoires de joueur 3/4 Parmi les loups

L'aube sanglante est percée par le sursaut du gong
Je lève mes yeux cernés sur les terres de Volsung
Je prends mes bottes, ma cape, ma dague encore rougies
Cette nuit, le campement fut assailli dans le silence des bougies
Sous la maille le chef braille, je baille sous ses exclamations
« Vaille que vaille nous reprendront la ville à ces abominations ! »

Je rejoins les rangs de ma meute toujours rapière au poing
Saluant sobrement les nécromants ivres de sang divin
Nous marchons à pas lourds sous la voûte des nuages
Murmurant à mots sourds la promesse du carnage

L'armée honnis nous attends sur la plaine, boucliers levés
Je frémis peinant à refouler ma peine à peine voilée
Le core pendu perd nos corps dans un assaut puissant
Je blêmis, sous l'emblème ennemie se tient mon frère de sang

Le crépuscule crépite sur ces terres enchantées
Et même si la défaite donne partition à déchanter
Je retrouve sourire aiguisé mes compagnons de larmes
Braves, ignorant sagement le mauvais jeu que je trame
Je retrouverais mon frère par la fourberie ou le fer
Même s'il faut ouvrir sur Volsung les portes de l'enfer

 *

Je ne tire pas ce récit de mes rêves, mais de mes souvenirs
Cinq jours passés dans un jeu de rôle au bel avenir
Vivant l'évènement entre les pics des monts d'Auvergne
Bon vivant sous la coupe de la compagnie du Bouclier Arverne
Quatre heures de sommeil sur trois nuits, mais je dois dessiner mes cernes
Je déborde d'énergie malgré les tempêtes qui nous cernent

On a rêvé si fort que ça a finit par découler de nos têtes
Des personnages bigarrés, égarés sur notre trop triste planète
J'ai vu des louves heureuses de pouvoir être elles-mêmes
J'ai vu des chétifs agrandit en imposant porteurs d’emblèmes

Je connaissais deux têtes en arrivant, j'ai quitté trente amis
C'est un fait, j'ignore leur vrai prénom encore aujourd'hui
À Volsung j'ai joué l'odieux Lam, un traître sans humanité
Un être abject composé des pires traits de ma personnalité
L'incarner m'a permis de me purger de mes démons intérieurs
Depuis le GN des Loups, je me fais sans doute moins horreur

Quand la terre, les cieux me laissent des pensées grises
Je laisse mon esprit prendre le large à la première brise
Je redeviens assassin durant l'éternité d'une seconde
Reprenant un verre d'onirisme que m'a offert Volsung

Le GN des loups n'est pas un défilé de folkloristes vaniteux
Ni une machine à chèque cherchant le cash avant le jeu
C'est le fruit de rêveurs qui un beau jour plantèrent
Leur désir de pouvoir se balader dans un autre univers
Pas dans les livres ou les films, mais sur notre propre terre
C'est cet exploit que je voulais saluer de mes propres vers.

mercredi 23 janvier 2019

Perce-neige

Dans les cieux, le grand astre se laisse gagner par les ombres
Comme de fragiles anges de glace, les premiers flocons tombent
Sonne l'âge des orgies de neige et des nuages de coton sombre
Sonne l'âge des jours de givre et des mirages aux chimères fécondes

Le monde des vivants dévie vivement vers les terres de Morphée
Se délaissant gagner par les rêves que leur soufflent les fées
Ces servantes du sommeil qui savent apaiser les plus féroces
Qui sèment sous la glace les anciens puissants dépossédés de force

La reine Hiver contemple heureuse ses étendues silencieuses
L'horizon est glacé de sa précieuse et pernicieuse poudreuse
L'impératrice retourne le paysage en un détour de manche
Intimidées, les couleurs se taisent, lui laissant la page blanche

La reine Hiver contemple heureuse l'éclat de son aube pâle
Elle déguste à tympans pincés la symphonie du silence hivernal
Mais son sourire se perce quand le vent lui rapporte la naissance
De celle qui soufflera sur les braises de la renaissance

Malgré le blizzard qui lézarde la roche de cristaux tranchants
Malgré la charge enragée des vents les plus violents
Une note de chaleur apparaît résistante au siège enneigé
Une perle à quatre pétales d'espoir, Perce-neige est née.

mercredi 16 janvier 2019

Mémoires de joueur 2/4 La feinte de l'ours

À Nancy scintillait une enseigne au détour d'une rue en pente douce

Terrier d'insouciants siffleurs de verveines souvent souffleurs de dames

Ce morceau de terre sainte que l'on susnomait La feinte de l'ours

Fut un refuge fameux où j'ai vu fleurir bien des fleurs d'âme


Le tavernier ne fêlait pas le fut de bière, mais offrait des coffrets de jeux

Un café pour les joueurs assermentés et les raffinés amateurs d'arts ludiques

Je sais que pour ces agents de joie je serais toujours trop élogieux

Car c'est auprès d'eux que j'ai pu perler tant de moments uniques




Mais passons sous silence ces indécents sentiments de soie

Car le souvenir est doux, mais souvent le présent déçois

Vous parler d'heure de miel serait vous prendre pour du bétail

Car à la feinte de l'ours régnait un perpétuel champ de bataille




Raillant, ricanant, crânant et cancanant comme des hyènes

Après un tour de table nous étions ronds comme la lune pleine

Loin des boites étables où les sirènes chantent dans les seringues

Éclaboussé de rires si sucrés qu'ils me collent encore aux fringues

Pas de flingues, on départageait le cash avec des guns en mousse

Bullant en période d'exam' plus que dans des soirées mousse

L'ambre amer débordant autour de nos armadas de fuseés

L'humeur se faisait mordante quand les premières répliques fusaient

Allumés comme des bougies par ces bijoux de carton

On ne s'enflammait pas par furie mais par passion


Chevaliers de la table carrée seulement cadrés par l'échiquier

Roi des mauvais perdants atterré sur mon trône déchiquetés

J'ai battu les dés, lancé les cartes, mes poings se souviennent

Du mur que j'ai cogné pour délocaliser ma déveine souveraine

Mais je regrette ni forfait ni haut-fait fait ni défaite

Si je me réfère à l'imparfait pour parler de ces nuits de fêtes

C'est que La feinte de l'ours n'a plus vu mon ombre depuis longtemps

Et Je souhaite aux plus belles âmes d'y vivre de pareils instants

Mais puisque le futur offre aux farceurs tant des tavernes

Je sais que je retrouverai mes gobelins dans d'autres cavernes.

mercredi 9 janvier 2019

Mémoires de joueurs 1/4 Jeux vidéos

J'ai cédé trop souvent à l'appel des sirènes de pixels
Qui m'ont fait verser des cris de joie et des larmes de sel
J'avais les nuages gris quand le jeux-vidéo tomba du ciel
Mon échelle providentielle pour les paradis artificiels
Un bonheur immatériel pour une peine trop matérielle
L'accès partiel à une essentielle anesthésie temporelle

Mais j'aurais tort de me peindre.

Dans une société où l'humain est accro à la montre jusqu'au décès
Le jeux-vidéo est montré par les ignorants comme une outre percée
« C'est une perte de temps, éteins ton écran et retourne vite bosser ! »
Mais pourquoi se presser ? J'ai un boss en passe de trépasser
Mais pourquoi s'abaisser ? C'est pas le JT qui me fera progresser
Tu m'as agacé, je lance un appel de détresse et tu préfères m'oppresser
Les accro' aux jeux ne doivent pas être rabaissés mais ré haussés

Mais j'aurais tort de me plaindre.

Je ne joue plus pour faire taire la peur, mais pour déterrer mon sourire
Fossoyeur le joystick en pelle j'ai su enterrer tant de mauvais soupires
Révélé tant de beaux instants qui ravivés sont de devenus de beaux souvenirs
Relié à mes frères par la manette lors des parties qui ne voulait pas finir
J'ai appris à ranger en posant des pièges pour des orcs prêt à mourir
J'ai appris à persévérer face à des golems de fer qui ne voulait pas périr

Mais j'aurais tort de feindre


J'ai connu tant de choses que vous humains ne pourriez comprendre
Attaché comme Isaac dans un coffre, face à l'amer voulant me descendre
L'âme noire en truelle contre des chasseurs de dragons prêts à pourfendre
Reine Valkyrie dans l'arène lance en main mon honneur à défendre
Assassin philosophe au bord d'une époque laissant le temps se suspendre
Débarquant dans le Normandy devant une galaxie de mille voix à entendre

Que j'aurai tort de les éteindre

mardi 1 janvier 2019

Voeux d'insolence

Coucou mes cucurbitacées, je ressors de mon sommeil d'argile
J'ai la caboche en citrouille et le carrosse en double file
Mais je m'en filtre et je m'enfile sur la route arc-en-ciel
Pas de demi-promesses cette année sera sobrement démentielle

Je vais enrôler du rôliste
Décapiter du capitaliste
Faire l'affaire des fainéants
Bien poncer les biens pensants
J'irai déranger les genrés
Désagréger les agrégés
J'irai faire bobo aux bobos
Puis me fâcher avec les fachos
Je dépasserai les penseurs
Pour aller sermonner les censeurs

Mon drapeau blanc est charbonné par la nouvelle ére
Les Carpates en l'air je viserai les bonnes jugulaires
Une plante carnivore dans le barillet de mon revolver
Je préviens la chute des glaces par la chute des molaires

Pacifiste aux yeux ancrés dans les limbes de notre terre morose
Alchimiste tentant de transformer l'indécence en prose d'or rose
J'ai des récits en stock et des rimes dans la cartouchière
J'ai la plume explosive et l'encrier en poudrière
Pas de poèmes en plastique ou de faux coup de colère
Mes cris d'amour et de haine seront toujours aussi sincères

Il parait que pour toucher les étoiles il faut toujours viser la Lune
Mais je suis un dompteur de comètes c'est pas les gros postes qui m'allument
Je laisse l'astre lunaire aux ambitieux, personnellement je vise le soleil
Je m'éteindrais quand toutes les têtes déborderont de rêves vermeil
Pour l'heure j'ai des contes à régler et des contes à rendre
Des leçons à donner et des leçons à apprendre
Je ne suis pas plus né prophète que pythie ni oracle
Je sais que je ne présiderais pas la cours des contes par miracle

Mais moi président je ne cuisinerai pas de promesses en voles-aux-vents
J'essaierai juste de faire planer les bons rêveurs les beaux vivants
Alors que la petite Alice se rachète trois tablettes de valium
Car j'ai fait gonfler mes pays des merveilles à l'hélium
Si pour vous le coffre de Draglen ne manque pas trop d'attraits
Bienvenu, mais merci de déposer vos normes à l'entrée.

mercredi 12 décembre 2018

Révoltés

Gilets jaunes, colère rouge la révolte n'est plus monochrome 
Vert de rage, noir de haine multicolores comme un seul homme
La populace se déplace, se masse et s'amasse
Elle fait face prenant place s'apprêtant à laisser des traces
 Mais la maréchaussée la dépasse elle prétexte le casse et... 
Elle commence lâchement à les tabasser 
Cinq innocents laissent leur dernier souffle s'en aller

Oh que la populace est lasse 
Elle contemple l'opulence de félons fortunés fièrement parés d'un mépris de glace
Et la police repasse, impassible, trop puissante, sans pitié elle concasse
 Elle étouffe les cris de victoire ne laisse que la supplication de grâce. 
C'est la sacro-sainte liberté d'expression qu'on mutile
Pendant que les presses laissent l'impression que la révolte est inutile 
Au loin, les trompeurs trônent attroupés dans des tours de verre 
Dirigeants et banquiers se sert les mains et se servent des verres 
Des dépenseurs assermentés qui ne craignent pas le découvert 
Ces hérauts du zéro se noyant dans les billets verts 
Avides, les vils veulent pourtant toujours en faire 
À cause d'un pour cent de la population le reste séjourne en enfer 
Ils croquent le globe comme une orange bleue 
Rongeant les terres, asséchant la mer, avalant les cieux 
La terre est ronde oui, complètement ivre d'essence
 Assassinée silencieusement pour les magnats de l'indécence
 Ces actionnaires désaxés, inaccessibles, faussement concernés
 face aux dérèglements d'une société qu'ils ont pourtant dessinée 
C'en est assez ! 
Si le monde doit s'effondrer, je préfère le voir s'embrasser plutôt qu'agoniser
 Seuls les naïfs peuvent espérer que la situation puisse s'éterniser
 Ceux d'en haut attendent des feux de rois offrons leur des feux de joie 
Ne laissons pas les médias nous faire passer pour des dépasseurs de lois
Alors que la machiavélique mécanique de ce système nous broie
 Rappelons que contrairement à l'évasion fiscale la contestation est un droit
 Tant qu'il y reste de l'air dans nos poumons la lutte ne doit pas s'essouffler 
Refusons ces sales miettes accordées seulement pour nous dégonfler 
Ne cédons pas sous les matraques dressées pour lancer des décédés
 Et puisque la police est épuisée qu'elle rejoigne le rang des excédés
Noir, blanc, rouge, jaune, bravons et bandons notre arc-en-ciel 
Comme les frères daltoniens allons redistribuer le coffre présidentiel 
Gilets jaunes colère rouge la révolte n'est plus monochrome
Vert de rage noir de haine multicolores comme un seul homme

jeudi 6 décembre 2018

Réalité arrangée

L'heure est à l'erreur c'est l'avènement des médias de masse
Qui vomissent des images infâmes fomentés pour laisser des traces
L'heure est à l'horreur sonne le règne du réalisme
Traitant l'horrible en hyperbole, il est temps d'incendier ces sophismes.

Il y a plus de films d'horreur au JT qu'au ciné
Façonnés par des cadreurs fascinés par les assassinés
Orfèvres travaillant le monde comme un immonde diamant
Se gargarisant de vendre le morbide du moment au plus offrant
Préférant montrer la violence au détriment des paroles sages
Ils prendraient du goudron s'ils devaient repeindre le paysage
Désignant des minorités avec une compassion d'argile
Conférant à des con-fédérants la faculté de contrôler les fragiles.

Une télé-réalité est moins réaliste que les peintures de Dali
Le voyeurisme n'est pourtant pas un moindre délit
Servant des décérébrés pour rassurer leurs spectateurs
« Ah qu'ils sont cons, mais moi je suis beaucoup meilleur »
Ils tournent des naïf rêvant de gloire facile en ridicule
Imprimant sans pitié leur intimité sur pellicule
Tirant à bobines perdues réduisant leur dignité en particules
Sans jamais perdre le bénéfice sale de leurs sales réticules

Et tous ces films se disant plus sociaux qu'artistiques
Sois disant proche des gens, mais écrit par des narcissiques
Ils font passer le battant moyen pour un beauf à lier
Filmant avec la focale d'un documentaire animalier
Tournant et détournant les précaires comme des bêtes en cages
Capitalisant lâchement sur la rage et leur courage.
Acclamés par une critique qui justifie le mépris de classe
Délivrant une image trépanée d'un peuple qui lentement trépasse

Réseaux sociaux partout et vie privée nulle part
On se balade sur la toile comme des mouches ou des cafards
La tablette en baxter sera implanté dans notre rétine
Pour ne pas laisser filer un seul pixel de vie intime
On strip-tease sans conscience, dénudant notre existence
Des morceaux de nous dont le grand frère se fait pitance
Les réseaux sociaux ont accouché d'un rêve de dictateur
Des millions de personnes devenus leurs propres délateurs.

On voit le monde à travers des écrans se prétendants transparents
Une réalité augmenté par d'infâmes filtres déformants
A-t-on oublié comment utiliser nos yeux pour voir ?
Comment se faire une idée plutôt que de se la faire avoir ?
Au lieu de s'acharner à mâcher des images choquantes de réel
Levons les paupières et regardons comme la vie est belle.

mercredi 28 novembre 2018

Déclarer forts frais

À ceux dont la conscience a gelé
dans un cynisme hivernal.
Je vous invite à loger
dans ma paroisse infernale.
Nous sommes réunis mes frères
sur un chemin qui décroît.
Le saigneur nous incombe de refaire
pousser les fourbes sur les croix.
Le diable a pris sa retraite
pour laisser place aux banquiers.
Des enfarinés qui nous traient
avec la chaleur d'un glacier.
Ils nous immolent immoralement
sous-traitant la souffrance aux sous-fifres.
Ce qui rappelle certains Allemands
qui traitaient les gens comme des chiffres.
Ceci est votre sang ruisselant.
Qu'ils consument comme l'essence.
Ceci est votre corps transpirant.
Qu'ils épuisent sans bienséance.
Ils divisent les populations
prétendant les assainir
Ils nous abreuvent d'aberrations
prêts à tout pour asservir.

« On augmente les frais d'inscriptions
pour les étrangers seulement.
Ce n'est pas dans nos ambitions
De l'appliquer à tous les étudiants »

Ils veulent pas de noir sur leurs cantiques
Uniquement dans leurs usines
L'ivresse de l'or les a faits fanatiques
Et leurs chœur chantent sous sourdines
Ils veulent que les œufs de la haute
S'élèvent dans la même couveuse
Que l'enfant de smicards se vautre
Blâmant sa naissance malheureuse

Il est né le fils de notaire
Qui aura un chèque pour étudier
Il restera la fille d'une humble mère
Qui n'aura qu'à aller se faire endetter.

Puisque notre président se prend pour un roi
Allons aimablement lui donner un cour d'histoire 
En France on sait s'occuper des sang-froid
Et couper court à leurs déboires
Refusons mes frères l'inquisition de l'argent
Rassemblons-nous, sans drapeaux et partons
Déloger nos dérangeants dirigeants
Avant de finir en chaire à patrons.

mercredi 21 novembre 2018

L'ère des poètes

Sommes-nous incarcérés dans la matrice ?
Coincé derrière les chiffres en attendant que nos âmes flétrissent ?
On a sacrifié l'onirisme sur l'autel de la surconsommation.
On ne vit plus que par procuration et accumulation.
Notre iris calciné brûle sous le feu de pubs éclatantes
Autant de sirènes asservis assenant des visions dégradantes
Nous surchargeant de paradis en plastique flamboyants.
Accessible seulement à ceux qui feront chauffer leurs cartes à blanc

Nos rêves ont été imprimés sur des panneaux d'affichage
Prostitués en slogans par la société des mirages.
On est désinformé formatés depuis la maternelle
Dressé par le marché en parfaite mère maquerelle.
Être heureux, c'est avoir ? Mauvaise conjugaison.
On nous apprend le singulier avant les mots de liaison.
Le lunaire ne profite jamais d'adjectif mélioratif
Car rêveur n'est pas un synonyme de productif.

Oh homme d'affaires on est pas fait pour être frères.
À l'exception d'un trait, nous avons tout de contraire.
Il est vrai que toi et moi aimons bien jouer les dieux
Mais quand tu construis un empire, je partage des mondes merveilleux.
Vraiment, je comprends que cela te rende envieux
Toi qui ne vis qu'en père d'un système venimeux.
Et lorsque viendra le jour d'ouïr tes adieux
On verra qui aura vraiment vécu heureux.

J'ai fait un rêve comme si c'était le dernier.
Un rêve que je n'irai pas trahir contre trente deniers.
Celui de voir  cette ère où les poètes vont se soulever
Prêt à redonner des couleurs à nos imaginaires délavés
Nous sevrer de ces faux loisirs qui nous ont alités
Qui ont purgé nos jardins secrets de personnalité.
Les rêveurs revivront et raviveront la flamme créatrice
Qui allumera la mèche faisant exploser la matrice.

mercredi 14 novembre 2018

Éloge de l'écriture automatique.

C'est sans tact plein de tiques
T'asticotant comme un essaim de tics 
Voici l'hommage modeste à l'écriture automatique
Quand le stylo démange autant qu'une piqûre de moustique.

C'est une petite envie, mastoc et pas statique.
Explosive, comme un plein pain de plastique.
Ca te reprendra toujours un de ces quatre.
Quand te prendra l'envie de faire sauter la baraque.

S'il y a des virgules qui reposent dans tes tripes
Prends garde à toi, car quand ta muse t'attrape.
Elle s'amusera, à te faire recracher tes pages.
Elle te véhiculera, la vraie maladie du page.

L'écriture est automatique comme une arme de poing.
Avec laquelle on allonge les corps de phrases entre les poings.
Voilà pourquoi il faut avoir un carnet dans le holster.
Prêt dégainer la plume, paré à dépiter les austères.

C'est une écriture sauvage qu'on ne peut dresser.
Qui te fait cracher des messages, pas toujours censés.
Mais qu'importe, ce que les lignes colportent.
On cartonne des pages cartonnées et que l'écrit nous porte.

Oui, c'est ferme, c'est bref, comme un bon raffut.
C'est un fait, rarement raffiné dans de bons futs.
C'est un fruit de chaire ferme fraîchement périmée.
Parfois faisandé dégoulinant du périnée (pardonnez.)

Ce n'est pas toujours fin, et parfois franchement sale
Affligeant, et des fois, farouchement abyssale.
Mais en farfouillant fermement entre les ratures
On peut y trouver de vraies pépites d'écriture.

Tant pis si au final ça fini à la corbeille.
C'est toujours plus utile, que de brailler aux corneilles.
Le temps d'un tour de poignet, on a été un petit Pape.
Car cette écriture nous sert, surtout de soupape.

mercredi 7 novembre 2018

Celle qui reste

J'ai l'encre diluée par les larmes de l'épreuve.

Celle-la qui transforma une belle dame en veuve.

Ma plume est enrhumée de sanglots en cohortes.

Donnez-moi un plumeau que je repeigne la mer morte.


La vive nouvelle m'a vivement prise à revers.

Elle est venue déterrer une douleur nichée dans mes viscères.

D'abord le vide, viennent les larmes, petites gouttes d'amer

"Ton grand-père est mort" "Et ma grand-mère ?".


On vit en immortel, la fin semble si lointaine.

On nie le faucheur le défiant d'une moue hautaine.

Se sabotant la santé vile bière au poing, avide.

Oubliant que l'Ankou remet toujours le point sous les vies.


Oui la vie continue, elle s'est arrêté pour un seul

Laissant un visage figé sous l'acajou, sous le linceul.

Il la délaisse esseulée parmi les survivants suivants.

Elle qui doit affronter l'heure du dernier sacrement.


Petite duchesse en robe de suie, elle fait face la mamie.

À cent visages sillonnés de rides et d'empathie.

Tremblant le petit-fils pose une main sur son épaule.
Craignant qu'elle décide de le rejoindre et s’envole.

mercredi 24 octobre 2018

Le doux goût du goulot


Puisque l'aube est encore loin, accueillons celui de trop.
Avant le dégoût des liqueurs recueillons le doux goût du goulot.
Planons en banc bien légèrement bien lourdement.
Voltigeons dans l'ivresse évoluant loin du volant.

Des souvenirs, des paroles autant en emportent le vin.
Mais qu'importe le passé noir tant que le présent nous est divin.
L'alcool resserre les liens autant qu'il dessert les langues.
Les bouteilles évidées ont écarté des bras des jambes.
L'alcool créateur de vie fut responsable de tant de naissances.
Et pour équilibrer il en fit périr autant par l'essence.

C'est un liquide transparent, mais un révélateur puissant.
Qui fait ressortir le négatif des caractères les moins décents.
Fourbe comme le fieffé Loki se terrant sous des parfums exquis.
C'est quand on le pense sous notre joug qu'il s'ébroue et agit.
Il ouvre alors la cage des maux et mots coupables.
Libérant autant de fulgurances que de propos inacceptables.
L'alcool affaiblit les fébriles et ébranle les instables.
Et dés l'aube les douleurs seront encore plus insoutenables.

La bouche pâteuse la tête en tronc, rampant parmi les bouteilles vides.
Comparant notre portrait au cri de Munch d'un œil creusé et livide.
Mais qu'importe le concerto de cheveux ravageant nos tympans.
Ou le siège intenable que tient notre foie farouchement.
Quand les cernes seront bouchées nous repartiront en quête
Du traître liquide ambré qui seul sait embraser ces fêtes.

Je mentirais fièrement en affirmant refouler les verres.
Car j'ai bien le coude levé quand je suis entouré de mes frères.
De sang, de son, d'espoir, et forcément de bière.
En attendant la mise en boite profiter de la mise en bière.
C'est donc près d'un demi que je retrouve mes demis-déments.
Car c'est seulement en chœur que je cueille l'ivresse de l'instant.

mercredi 17 octobre 2018

Orion

Lève les yeux, tu verras une mer.
Un océan de vide amer.
Tapisserie du ciel noir.
Sur laquelle perle des perles d'espoir.
Parmi ces pépites de lumière.
C'est Orion que je préfère.

Autour d'Orion, mon esprit gravite.
Voguant dans ces espaces infinis
Serait-ce ma peur du vide que j'évite ?
Ou des chimères indéfinies ?
Météore d'acier en quête de voie lactée.
J'enlace Orion comme la lune pour la terre.
Bloc de métal hurlant à voix brouillée.
Satellites obscurs qui reflètent sa lumière.

C'est une étoile, c'est une comète.
Une galaxie que dis-je une planète.
Orion est à la fois proche et lointaine.
Et n'en déplaise à Montaigne.
Par la chaleur que procure.
Sa douceur incandescente.
Et son tracé d'impatiente.
Elle comble ces vides obscurs.


Orion ignore les cages.
Orion honnit les mensonges.
Des astres, elle n'est pas la moins sage.
Et donne des couleurs à mes songes